Les empathies modifiées par le J3F

21 April 2025

Dans cet article...

Le J3F renforce l’empathie affective

Le J3F contribue à favoriser l’identification des mimiques correspondant aux émotions de base. En effet, le rituel de départ qui invite les enfants à mettre en scène des émotions simples permet à chaque enfant de prendre le temps de se caler sur celles de ses camarades, et de découvrir dans leur regard le fait qu’il y soit parvenu.

Le J3F renforce l’empathie cognitive

Les enfants sont invités non seulement à mimer des émotions dans la phase préparatoire, mais également à nommer celles qui sont éprouvées par les différents protagonistes, comme la joie, la colère, la peur ou la tristesse, ainsi que celle, plus morale, de culpabilité. De façon générale, la nomination des intentions des différents protagonistes lors de la construction du scénario permet de mieux comprendre les états mentaux de l’autre. Cette caractéristique est renforcée par le fait que, dans le jeu proprement dit, chaque action est accompagnée de mots qui font sens.

Le J3F renforce le changement de perspective émotionnelle

Cette capacité est renforcée par le fait que chaque enfant est invité à changer de point de vue au moment où il change le rôle. Ce changement de point de vue est d’ailleurs spontanément matérialisé par les enfants, qui viennent se placer dans l’espace là où les précédents se sont tenus. Par exemple, si un agresseur s’est d’abord placé contre la fenêtre et sa victime du côté de la porte, lorsqu’ils changent de rôle, l’expérience montre que celui qui a joué d’abord le rôle de victime va endosser le rôle de l’agresseur en allant se placer à son tour près de la fenêtre.Le changement de perspective émotionnelle est également illustré par une autre observation. L’expérience a montré que les enfants développent dans le cadre du J3F des stratégies de soutien les uns envers les autres. Ainsi les « souffleurs » viennent pallier aux difficultés de mémorisation de leurs camarades. Et dans la classe accueillant un enfant autiste sans langage, celui-ci a pu jouer tandis qu’un autre lui prêtait sa voix.

Le J3F renforce l’auto-empathie

Le J3F met souvent en scène des situations de tension ou d’agression dans lesquelles la victime ne reste jamais muette et formule sa protestation. Cette règle vise à permettre aux enfants de ne plus se laisser maltraiter sans protester. Cette aptitude participe à la construction de l’auto-empathie, autrement dit la capacité à identifier ses propres émotions et à se venir en aide à soi-même en les exprimant (« Aïe ! Tu me fais mal ! »). N’oublions pas non plus qu’une victime dénonce plus facilement une agression auprès d’un tiers (un enseignant, un éducateur, un psychologue ou un médecin) quand elle l’a d’abord verbalisée auprès de son agresseur lui-même.

Le J3F renforce le contrôle des émotions et les compétences exécutives

A chacune des phases du jeu : attendre son tour de parole, écouter les propositions des camarades, se souvenir des étapes précédentes du scénario pour construire les nouvelles, adapter ses propositions à celles des autres pour permettre une construction collaborative, etc.

Le J3F renforce l’empathie réciproque

Au moment où chaque enfant est invité à adopter le point de vue de l’autre en endossant son rôle, il abandonne en même temps le rôle qu’il vient de jouer à un autre enfant. Il met ainsi en scène le fait d’accepter que l’autre prenne sa place.

Le J3F n’agit pas sur l’empathie intersubjective

Cette dernière composante de l’empathie n’est pas modifiée par le J3F puisqu’aucun enfant n’est invité à faire de commentaires sur les attitudes des autres participants, et que les professionnels animant le jeu se l’interdisent eux aussi.